La montagne, une image du Sublime

Chaque été me voit de retour en vallée de Chamonix. Les années passant, je passe de plus en plus de temps à la terrasse des cafés, car chaque escapade en montagne entraîne une période de récupération de plus en plus longue. On ne s’ennuie pas, assis au milieu de la foule estivo-chamoniarde; mon œil exercé s’amuse à distinguer l’alpiniste contemplateur de l’alpiniste-chronomètre, le randonneur timoré du randonneur-sanglier dans la forêt, le touriste-qui-reste-dans-la-vallée du visiteur avide d’espace et d’altitude. Typologie bien incomplète, on en conviendra, mais qui donne une (toute petite) idée de la faune qui fréquente les rues mercantiles de la cité chamoniarde. La terrasse de café est propice aussi à la rédaction des petits mots aimables que l’on jette à la va-vite au dos des cartes postales que l’on choisit avec grand soin: à chacun son sujet montagnard, le noir & blanc ou la couleur, le détail ou le panorama, l’horizontal ou le vertical, le grimpeur aux chaussettes de laine ou le glaciairiste aux deux piolets. Qu’importe, puisque avec chacune de ces images de montagne entrera un peu de sublime chez son destinataire. On aura compris que la montagne « à vaches » n’a pas sa place ici: aimable site de production fromagère ou de multiplication des luxations du genou (en fonction de la saison), cette montagne agro-pastorale mâtinée de pistes de ski n’a pas assez de caractère pour illustrer mon propos (certains trouvent du sublime au goût du fromage de Beaufort fondu ou à la file d’attente au remonte-pente: je n’en suis pas).

Donc, seule la haute montagne illustre les quelques réflexions qui suivent; cette haute montagne se définit à mes yeux par deux caractéristiques essentielles: d’abord, il s’agit d’un milieu naturel hostile où l’homme ne peut pas séjourner plus de quelques jours (ou de quelques heures, parfois); ensuite, son accès est réservé à un petit groupe d’individus, plutôt en bonne santé, ayant subi un apprentissage long et rigoureux le plus souvent, et connaissant intimement les risques encourus à la fréquentation des cimes. Bref, cette montagne n’est pas accessible à la majorité de ceux qui lui trouve du sublime en regardant les photographies qu’en rapportent les quelques privilégiés qui y ont accès. C’est cette montagne là qui doit m’aider à donner un sens au mot sublime.

Commençons par l’étymologie. Le latin sublimo, « j’élève », signifie aussi « j’exalte », ou encore « je glorifie ». Sublimis, quant à lui, s’applique à ce qui est « suspendu en l’air », « élevé », mais aussi à ce qui « aspire en l’air », c’est-à-dire qui cherche son souffle après l’effort. Le français classique du XVIIème siècle employa l’adjectif sublime au sens d' »élevé », « au premier rang », le nom sublime s’appliquant alors à un style, propre aux sujets les plus élevés comme l’ode ou l’oraison funèbre. Il est bon de noter que sublimer signifie, en chimie, « faire passer un corps de l’état solide à l’état gazeux sans passer par l’état liquide ». C’est grâce aux alchimistes que ce verbe pris le sens d' »épurer », « raffiner ». Voilà qui est bien insuffisant pour comprendre le sublime de la montagne.

Les ambassadeurs du sublime montagnard après la 2ème guerre mondiale.

A l’issue du deuxième conflit mondial, les professionnels de la montagne savent que ce ne sont pas les incursions des « pures lumières du rocher » (les grimpeurs du groupe de Fontainebleau d’avant-guerre) dans leur domaine alpin qui leur permettront de faire bouillir la marmite. Les « derniers grands problèmes des Alpes », c’est-à-dire les ascensions estivales des faces Nord de l’Eiger, des Grandes Jorasses et du Cervin, sont résolus. A l’aube des Trente glorieuses, se pose la question de la promotion d’une activité sportive restée jusqu’alors confidentielle, confinée dans les cercles de spécialistes, au premier rang desquels les clubs alpins nationaux. Quelle image de la montagne ces hommes vont-ils véhiculer pour toucher le plus grand nombre?

En France, de qui parlons-nous? De ceux qui nous ont laissé une littérature abondante, des films, des photographies, et surtout le souvenir d’une présence régulière auprès de leur public, grâce aux nombreuses conférences qu’ils donnèrent dans tout le pays (rappelons-nous les cycles de conférences de « Connaissance du Monde », par exemple). Deux noms reviennent en mémoire: Gaston Rébuffat, Lionel Terray. D’autres, moins prestigieux, viendront s’y ajouter.

A peine sortis de l’adolescence quand la guerre éclate, ces passionnés décident, pour ne pas être privés de montagne par des temps qui s’annoncent difficiles, de s’engager dans le mouvement « Jeunesse et Montagne ». Institués par une instruction du général Picard, chef d’état-major de l’armée de l’air, en date du 15 août 1940, les groupements « Jeunesse et Montagne » sont organisés comme les « Chantiers de la Jeunesse » du général De la Porte du Theil. Les volontaires y sont donc considérés comme « requis ». Entrer à « Jeunesse et Montagne » n’est pas pour ces jeunes gens un acte politique. Lionel Terray y voit un moyen commode d’échapper à des parents trop protecteurs à son goût, « JM » sera pour lui « une corde de salut »[1]. Vingt ans après, son jugement sur « JM » sera extrêmement critique, et mérite d’être rapporté in extenso: « …Commencé dans l’enthousiasme, ce stage [à JM] se transformait en une sorte d’enfer à mesure que les jours s’écoulaient. […] Par quelle aberration collective ces êtres équilibrés [les chefs du centre JM] s’étaient-ils laissés entraîner à appliquer des méthodes éducatives aussi insensées »[2]. Il en sortira « complètement dégoûté »[3].

C’est dans la littérature de la montagne que j’ai choisi d’aller à la recherche des méthodes éducatives en usage à « Jeunesse et Montagne ». On en trouve un aperçu dans l’œuvre d’après-guerre de Marc Augier, plus connu sous son pseudonyme de Saint Loup, notamment dans son roman Face Nord[4]. Le roman évoque l’expérience vécue pendant la période d’occupation par un groupe de garçons appartenant au mouvement « Jeunesse et Montagne ». Le culte du chef, celui qui montre jusqu’où il faut aller pour être digne de faire partie du groupe, y est omniprésent; parfois, l’adhésion totale conduit à la mort. La pensée de ces chefs est exprimée assez clairement: il faut utiliser la montagne pour éveiller le sens de la beauté, qui doit conduire vers Dieu. Cependant, comme dans les Chantiers de la Jeunesse, l’activité physique n’est qu’un des moyens de parvenir à la fusion des classes sociales par la vie communautaire; doivent s’y ajouter les veillées (où l’on chante pour élever son âme) et les cercles d’études (dont les thèmes doivent être éloquents: « L’amour et l’amitié », « L’occident et l’humanisme », « La terre et les morts », « Bonté et humilité », …). La montagne, quant à elle, y fait l’objet d’un anthropomorphisme mystique particulièrement intéressant pour ce qui va suivre: une face nord « projette un élan de cathédrale », une pente de glace a des « reflets moites », un glacier est « tapi comme une bête entre ses moraines latérales ». Enfin, Face Nord est le roman de la volonté individuelle nietzschéenne contre le ventre mou de la société de ceux qui restent « en bas », dans la vallée, et qui ne se risquent pas à côtoyer le ciel.

Les thèses de « Jeunesse et Montagne » n’auront au bout du compte qu’une influence limitée sur l’engagement politique de Rébuffat et Terray: ce dernier participera au ravitaillement du maquis après avoir quitté « JM », et le premier rejoindra l’A.S. Il n’en va pas de même quant à leur engagement moral et leur conception de la pratique de la montagne.

« Lui qui avait su se jouer des abîmes avec la légèreté d’un oiseau, souffrait d’être réduit à l’état de bête lourde et malhabile qui est celui de l’homme »[5]. C’est ainsi que Terray parle de son ami Lachenal, gravement blessé à l’Annapurna, et décédé en montagne quelques années après. Lachenal, comme Terray, avait rejoint les rangs de « JM » en 1941, et tous deux formèrent après la guerre une cordée exceptionnelle. A la toute dernière page des Carnets du vertige[6], G. Herzog fait dire à James Couttet, qui fait partie de la cordée de secours qui retrouve le corps sans vie de Lachenal au fond d’une crevasse: « Il est mort sur le coup. Il n’a pas souffert. Et il est mort en montagne ». En même temps qu’ils médiatisent leur activité, dont le volet sportif est géré depuis 1945 par une Fédération française de la montagne en gestation et le puissant Club alpin français[7], ces hommes posent les caractères du montagnard moderne: il n’est plus l’autochtone bourru ou le touriste fortuné qui cherche à occuper son oisiveté. C’est un homme « à part », qui ne mérite même pas de mourir parmi ceux qui ne sont plus ses semblables. Cet homo montagnicus va savoir susciter l’intérêt des médias en usant de ce formidable paradoxe: il ne sert à rien, et pourtant ce qu’il fait est important, car la distance qu’il cultive avec le vulgus est un formidable aiguillon. Comment mieux construire un mythe, sinon en disant: « Je vous parle d’un monde intérieur que vous ne verrez jamais; contentez-vous de ces quelques images que j’en rapporte ».

La forme de l’image de la montagne: photographie et film.

Gaston Rébuffat fait en France figure de grand vulgarisateur. Livres, films, conférences: il est l’homo montagnicus mediaticus. A l’image de son « œuvre » alpinistique, l’œuvre écrit et filmé de Rébuffat est protéiforme. C’est lui qui impose auprès du grand public la notion de style dans la pratique de la haute montagne, et c’est par le style que s’interprète le sublime. Le trait de génie de Rébuffat est d’associer ses compétences avec celles d’autres montagnards, qu’il s’agisse du client (le violoncelliste et comédien Maurice Baquet) ou de l’artisan local (le photographe Pierre Tairraz, dont la famille est incontournable quand on parle de photographie de montagne[8]). Il élabore ainsi sur la montagne un discours dual qu’il faut observer de plus près.

Dans son travail de conférencier et d’écrivain, Gaston Rébuffat démontre la proximité de la montagne. L’alpiniste « a le plaisir intime de communiquer avec la montagne […], avec sa matière, comme un artiste ou un artisan avec le bois, la pierre ou le fer qu’il travaille »[9]. Il insistera même sur une vision pragmatique du milieu montagnard, affirmant la stupidité de l’anthropomorphisme journalistique, et assimilant la montagne  » – Comme les mers, les rivières, les forêts, les déserts – [à des] terrains de jeux »[10]. Cette proximité, cette réalité de la montagne, Rébuffat la démontre aussi en se faisant historien. Historien de l’alpinisme, mais aussi de la vie à la montagne, et surtout, à la fin de sa vie, historien de l’image des premiers temps de la montagne « pour tous »[11]. La montagne est un lieu où même la musique peut entrer, symbole de l’existence d’un lien entre le « haut » et le « bas ». Grâce à un marseillais devenu chamoniard, sorte d’apatride dont les racines ne seraient que les verticales des parois qu’il gravit, la haute montagne acquiert la densité d’un point commun à tous: partout, il y a des montagnes; partout, il y a des hommes qui les gravissent: la haute montagne est désormais indissociable de l’activité humaine. Mais le discours est ambigu.

Il n’est pas dans mon intention de réduire l’œuvre de Gaston Rébuffat à son film « Entre Terre et Ciel« , mais cet exemple me facilite la tâche. Le film est primé au Xème Festival International du cinéma de montagne et d’exploration à Trente, en 1961. Les prises de vues sont assurées par Pierre Tairraz, qui réalise aussi la plupart des photographies qui illustrent le livre qui sort l’année suivante chez Arthaud[12]. Entre Terre et Ciel (le livre), après une introduction consacrée à l’histoire de l’alpinisme, la biographie de Rébuffat, et la complexité de l’élaboration d’un film de montagne, reprend in extenso le commentaire du film; on y trouve aussi une courte description des sommets gravis pour les besoins du film, des itinéraires empruntés, et un texte de Maurice Baquet relatant la première ascension de la face sud-est de l’éperon sud de l’Aiguille du Midi (qui fait également partie du film). 104 photographies en noir & blanc, 6 en couleur (en hors texte). « Confirmant la décision du jury [du festival de Trente], René Dittert [chef de l’expédition suisse à l’Everest en 1952], Tony Hiebeler [alpiniste et journaliste autrichien] et Walter Bonatti, sont venus nous dire, secrètement, du fond du cœur, sans grande déclaration, combien ils étaient heureux, parce que dans Entre Terre et Ciel, ils avaient retrouvé la réalité, mais d’abord la vérité de la montagne et de l’alpinisme: là, était notre but, là, est notre grande récompense »[13]. Le film est donc adoubé par les plus éminents représentants de la gente alpine du moment. C’est entre les lignes d’Entre Terre et Ciel qu’on trouve les fondements du sublime montagnard, de cette image sublimée de la montagne, qui va bercer le grand public pendant des décennies (et dont, il faut le dire, les alpinistes eux-mêmes se déferont assez vite; mais ceci est une autre histoire).

En premier lieu, si la montagne ne fait plus l’objet d’une crainte, à la fois superstitieuse et religieuse, depuis longtemps, la démarche de l’alpiniste s’appuie sur une mystique de l’histoire et de la tradition.

Concernant l’ascension du Cervin, « plus qu’une ascension, c’est un pèlerinage »[14]. Connaissant les souffrances de ses devanciers sur ces parois (l’accident de la cordée de Whimper, la vaillance de Carrel), l’alpiniste y élève son âme en même temps que son corps. « Etre guide, consiste aussi à installer les jeunes guides et les aspirants dans leur métier: c’est la tradition et nous aimons les traditions »[15]. La permanence de la règle au sein de la communauté des montagnards s’oppose à l’éphémère de leur passage en montagne; l’homme ne laisse pas de trace en haute montagne, son activité tient donc du virtuel pour celui qui « reste en bas »[16].

En second lieu, le montagnard, malgré ses absences répétées du foyer et les dangers qu’il encourt, est avant tout un bon père de famille, comme en témoigne, dans le film,  le plan de transition au cours duquel Haroun Tazieff entre en scène: le guide rejoint son foyer; devant la maison, dans un cadre charmant de verdure et d’intimité, l’ami l’attend en fumant sa pipe, l’épouse reçoit un baiser sur le front, les petites filles s’ébattent joyeusement sous la main du père qui leur caresse furtivement les cheveux. Son compagnon de cordée au Cervin lui demande comme un service d’initier son fils adolescent: « […] mais je crois qu’il est d’abord important que mon fils sache que le bonheur n’est pas donné par les choses faciles. Emmenez-le et montrez-lui la beauté de la haute montagne »[17]. Ainsi la fréquentation de la haute montagne a aussi des vertus éducatives; celles-ci passent par la monstration virile. « Il est si difficile d’atteindre le cœur d’un adolescent. […] Je sais que ce n’est pas avec des phrases que l’on convainc un enfant et que l’on gagne sa confiance et son amitié mais, comme un jardinier montre son parc, je montre à Jean-François ce monde de cristal que son père et moi avons si souvent parcouru »[18]. Ainsi le monde dans lequel évolue le montagnard est pur, et parce qu’il sait être silencieux, l’alpiniste ne ment pas.

Enfin, détour sur les photographies d’Entre Terre et Ciel, celles que Pierre Tairraz réalise dans le cadre de la réalisation du film et en vue de la parution du livre. Techniquement irréprochables (on n’en attend pas moins d’un ancien élève de l’E.N.P.C. et de l’I.D.H.E.C.), elles sont toutes conçues à partir de deux propositions (hormis quelques portraits et scènes de bivouac). Première proposition: en montagne, l’homme est minuscule dans un désert de glace et de roc, il y trace une route ténue et personnelle. Seconde proposition: Il monte sans cesse, et s’il descend, c’est en rappel, se découpant dans le ciel au milieu d’une corde dont on ne sait d’où elle vient ni où elle va (1 photographie sur 104). L’iconographie du livre est parfaitement en accord avec la première séquence du film, où l’on voit Gaston Rébuffat se dresser au sommet du gendarme du Pic de Roc[19]. Dois-je ajouter que la souffrance de l’effort est totalement absente des visages, lorsqu’ils sont visibles sur les photographies?

Pour une définition du sublime.

La théorie kantienne porte à croire que le concept du sublime ne peut guère s’accorder avec l’objet de nature; en revanche rien ne s’oppose à ce que la représentation de cet objet soit qualifiée de sublime. Ce qui nous trouble, c’est que lorsque le vulgus, celui « qui reste en bas » (ou qui achète un billet aller-retour pour la station supérieure du téléphérique de l’Aiguille du Midi et qui, transi de froid, y boit un chocolat chaud) qualifie ce qu’il voit de sublime, et non pas seulement de beau, c’est parce qu’il se trouve à la fois devant l’objet et sa représentation. Car il voit la montagne autant avec ses yeux qu’avec sa raison, éduquée par ceux qui lui en rapportent des images. Ces images sont d’ordre esthétique, mais aussi d’ordre social et culturel. En montagne, l’ordre naturel est respecté (les lois de la gravitation, la force dominant la faiblesse). Pour le non-initié, la montagne est blanche et noire: elle est plus simple que le monde de la vallée, donc plus accessible intellectuellement. Elle est aussi plus pure, parce qu’elle est le lieu du sacrifice et de l’effort librement consentis; la pratique de la haute montagne, au-delà de son aspect sportif, est faite de l’abnégation et du dévouement mutuel des membres de la cordée, qui s’accordent sur les valeurs fondamentales de l’histoire, de la tradition, de la terre éternelle, du groupe, de l’idée enfin que l’homme n’est que de passage sur terre, comme il n’est que de passage en montagne. Le vulgus tire donc de la contemplation de la montagne, en plus du bien-être immédiat provoqué par la beauté, une satisfaction intellectuelle liée à sa raison, à son éducation. C’est pourquoi la montagne est à ses yeux l’exemple même du sublime.

Devant la montagne et ses images (photographies, films, alpinistes fourbus), l’homme ressent et imagine, et il se satisfait de cette élévation momentanée, parvenant à vaincre l’effroi qu’elle suscite en lui, en raison même de la différence d’échelle qu’elle impose.

Notes

[1] Lionel Terray: Les conquérants de l’inutile, des Alpes à l’Annapurna, Gallimard, Paris, 1961, page 47.
[2] Lionel Terray, op. cit., pages 57 et 58.
[3] Lionel Terray, op. cit., page 67.
[4] Saint Loup: Face Nord, Arthaud, Paris, 1946. Marc Augier (1908-1990) passera, au cours des années trente, du socialisme pacifiste à un nazisme idéaliste, seul capable à ses yeux de combattre la décadence de l’occident chrétien. C’est ce qui le conduira à s’engager, pendant la période d’occupation, dans les rangs de la LVF; Augier terminera la guerre comme Waffen-SS (division Charlemagne). Son œuvre littéraire s’organise autour de sa passion pour la montagne et l’histoire de ses compagnons de guerre. Entre l’immédiat après-guerre et son exil en Argentine, le pseudonyme de Saint Loup lui permit de publier pour survivre dans une quasi clandestinité.
[5] Lionel Terray, op. cit., page 467.
[6] Louis Lachenal et Gérard Herzog: Les carnets du vertige, P. Horay, Paris, 1956.
[7] Voir à ce propos l’organisation de l’expédition française à l’Annapurna, ainsi que la présentation du projet et des hommes dans: Maurice Herzog, Annapurna, premier 8000, Arthaud, Paris, 1951.
[8] Bien que les historiens de la photographie connaissent mieux le travail des frères Bisson, on se tournera avec bonheur vers l’exposition « Plus haut », consacrée aux Tairraz par l’Ancien musée de peinture de Grenoble.
[9] Gaston Rébuffat: Glace, neige et roc, Hachette, Paris, 1978, pages 13-14.
[10] Journal Le Monde, 15 août 1976. Recueilli par Françoise Rébuffat dans: Gaston Rébuffat, La montagne est mon domaine, Hoëbeke, Paris, 1994, pages 60 à 62.
[11] Gaston Rébuffat: Chamonix Mont-Blanc 1900, Grands Vents, Genève, 1981.
[12] Gaston Rébuffat et Pierre Tairraz: Entre Terre et Ciel, Arthaud, Paris, 1962.
[13] G. Rébuffat et P. Tairraz, op. cit., page 37.
[14] G. Rébuffat et P. Tairraz, op. cit., page 49.
[15] G. Rébuffat et P. Tairraz, op. cit., page 116.
[16] Mysticisme, spiritualité, virtualité: la Fête des guides chamoniarde, chaque 15 août, en donne un aspect saisissant.
[17] G. Rébuffat et P. Tairraz, op. cit., page ­64.
[18] G. Rébuffat et P. Tairraz, op. cit., pages 68 et 71.
[19] La photographie correspondante se trouve en page 10 du livre; il s’agit d’une des images les plus célèbres de l’histoire de la photographie alpine.


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