Petit Darktable deviendra grand

19. décembre 2010 L'atelier 4

Une âme charitable vient de me faire remarquer, sans ironie mais avec une certaine froideur, que ma triple qualité de photographe, d’enseignant, et de prosélyte du logiciel libre, ne m’avait pas encore conduit à découvrir Darktable. Je bats donc ma coulpe et je m’y colle…

Préambule: que vous soyiez « Mac » ou « PC » n’a pour l’instant aucune importance, car Darktable n’est pas pour vous. En effet, ce tout jeune logiciel (version 0.7) vise à combler un vide dans le monde du libre, à peine occupé jusqu’à présent par RawTherapee; on l’a compris, Darktable est un outil de postproduction pour le photographe, et ses auteurs le destinent aux fonctions qu’occupent par ailleurs A. Lightroom ou Aperture. Je vais ici faire assez court, puisque le projet Darktable met a disposition un site descriptif, un mode d’emploi complet (en anglais), et la documentation Ubuntu est plutôt bien faite à son sujet.

Avec Ubuntu 10.04 LTS, l’installation de Darktable stable se déroule parfaitement bien: on ajoute le PPA dans les sources de logiciels, puis Synaptic s’occupe de tout. Si la gestion des langues est convenablement paramétrée sur le système, on se retrouve avec un Darktable en français, ce qui ne gâte rien. En revanche, la jeunesse du logiciel montre rapidement ses limites dès qu’on le malmène un peu lors d’une première découverte: si vous ne voulez pas voir Darktable se fermer inopinément, ou « ramer » sur une opération de traitement par lot, prenez le temps de lire le mode d’emploi, et ne cliquez pas plus vite que votre ombre!

A l’instar de ses grands frères, Darktable propose deux interfaces principales: un mode « Table lumineuse » et un mode « Chambre noire ». La Table lumineuse, c’est l’importation et la gestion des images, par dossiers entiers ou à l’unité. Le logiciel installe lui-même ses index de collections lors de l’importation, qui se fait grâce à une VRAIE fenêtre d’exploration, ce qui se révèle d’un confort appréciable. C’est par la table lumineuse qu’on exporte, qu’on renomme par lots, qu’on attribue les mots-clefs; ici un grand regret: l’absence de la gestion des métadonnées IPTC est à mes yeux un vice redhibitoire, qui impose au photographe méticuleux l’usage d’un second logiciel (comme XnViewMP) pour légender et créditer les images. Le mode « Chambre noire » permet quant à lui de traiter les fichiers avec une foule d’outils d’une précision diabolique, rangés sous quatre onglets (basique, couleur, retouche, effets). Ma préférence va à la qualité de l’outil « Monochrome », qui est un mélangeur de couches paramétrable dont le résultat est immédiatement visible; une pure merveille sur le Raw!

Darktable: le mode "Table lumineuse", avec ses trois parties désormais habituelles dans ce type de logiciel.
Darktable: le mode "Chambre noire", avec l'affichage de l'outil "Monochrome"

Mais ce qui me passionne dans Darktable, et ce fut la surprise de cette première prise en main, c’est sa troisième fonction. On peut enfin piloter un appareil photo à partir de l’ordinateur sans être contraint de s’inféoder à un logiciel propriétaire! Tous ceux qui travaillent en numérique en studio comprennent immédiatement: une fois terminée l’installation de la prise de vue (en général, illustration, publicité, photographie technique, pack-shot), les réglages et le traitement s’effectuent sans quitter le poste de travail informatique, sans passer par le transfert fastidieux carte mémoire-disque dur. Suivez le guide!

L'installation: 1) L'appareil, 2) le bête cordon USB, 3) Darktable
L'interface avant le déclenchement
Détail des paramètres de la prise de vue. Ici, un petit bug sans importance: en réglage "format Raw", l'appareil déclenche, mais il n'y a pas d'importation d'image. Le réglage "format Tiff" permet en revanche l'obtention d'un Raw et d'un Jpeg.
Après le déclenchement à distance de l'appareil, l'image capturée apparaît.
Il suffit de passer en mode "Chambre noire" pour traiter l'image.
Image finale après traitement.

4 commentaires sur “Petit Darktable deviendra grand”

  • 1
    Jeremie on 19 décembre 2010 Répondre

    La personne qui m’a parlé de ce Darktable est un Monsieur qui imprime toutes sortes d’images avec ses propres encres! Une connaissance à vous je crois?

    Espérons que le développement du logiciel avance rapidement et qu’à l’avenir il intègre la gestion des iptc.

    On n’a quand même de moins en moins d’excuses pour rester sur des systèmes propriétaires. Si cela se trouve dans quelques années on repensera avec nostalgie à ces éternels débats constructifs « Mac VS Windows »…

  • 2
    joel on 21 décembre 2010 Répondre

    je m’en vais l’essayer de ce pas….

  • 3
    touti houssam on 22 août 2011 Répondre

    merci a tous

  • 4
    CD RUN on 23 octobre 2011 Répondre

    Enfin une véritable alternative aux logiciels propriétaires de type adobe light room , DXO optics et qui propose un environnement bien plus évolué que UFRaw.
    Je crois que mon windaube virtualisé ne vas plus me servir pour mes raw.
    vive ubuntu et la liberté!

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