C’est bientôt l’automne: encore un peu de lecture

philoQuand, en 2010, le libraire dispose une pile d’exemplaires d’un même bouquin imprimé en 2007 sur une table, bien en évidence, deux hypothèses:
a) L’ouvrage est indispensable, ou incontournable;
b) Le stock est trop important, il faut s’en débarrasser (l’une n’exclut pas l’autre).
Découvrant l’objet, je me dis immédiatement et in petto: « Le seul manuel de philo dont je dispose, c’est celui qui m’a servi à préparer mon bac; c’est un peu ancien (j’en vois qui pouffent, dans le fond…), jetons un coup d’oeil à la chose ». Donc, je jette.
Philippe Ducat et Jean Montenot: Philosophie – le manuel (nouvelle édition), Ellipses, Paris, 2007. 1,1571 dm3 (210x145x38 mm), 700 g (j’ai vérifié), 734 pages, 2,57 centimes d’Euro le gramme, 23 petites illustrations en noir & blanc… Un peu sévère, mais fichtrement efficace et facile à lire.
Exemple de la partie consacrée à l’art: d’abord quelques explications pour passer du mot à la notion (d’où vient ce mot? Que signifie-t-il?); puis un glossaire de termes essentiels (« Beau », « Génie », etc.); ensuite l’exposé de quelques problématiques liées à la notion (Quelle est la nature du plaisir procuré par l’oeuvre d’art? L’artiste peut-il vouloir le laid? La beauté de l’art enrichit-elle la perception du réel? Etc.); enfin, une sélection de textes de grands auteurs, extraits de textes, plutôt, assez courts pour ne pas être lassants.
Dans leur avant-propos, les auteurs écrivent: « Un manuel n’est pas seulement un travail de compilation […], son objectif essentiel est de susciter la réflexion, de nourrir la curiosité et d’inviter […] les esprits curieux à circuler en son sein et à le faire travailler en lui-même ». Ce bouquin est presque parfait: on peut l’emporter partout, on peut le lire au lit, on peut lire la fin sans avoir lu le début (ou l’attaquer par le milieu), on n’est pas obligé de tout comprendre, on peut même en lire deux pages au hasard… Mais bon sang! Que c’est écrit petit!
Je conseille cet opus à tous ceux qui sont persuadés que la philo ne sert à rien, à tous ceux qu’on a convaincus que la philo est hermétique, à tous ceux qui ont peur de réfléchir par eux-même, à toux ceux qui veulent pouvoir, un jour, raisonner. Mon libraire a eu raison d’en mettre une pile sur sa table.

4 commentaires sur “C’est bientôt l’automne: encore un peu de lecture”

  • 1
    Vivouldi on 19 septembre 2010 Répondre

    Et qui est votre libraire?

  • 2
    Article 4 on 25 septembre 2010 Répondre

    Réponse tardive: pour être d'une parfaite mauvaise foi, je n'en suis pas moins totalement injuste envers bon nombre de libraires. Il n'en reste pas moins que, dans un rayon de 200 km, quatre d'entre eux ne m'ont jamais déçu:
    – Page et plume à Limoges,
    – Mollat à Bordeaux,
    – Librairie de l'université à Poitiers,
    – … et Vivre d'Art à Meymac (mais là, il faut une carte d'état-major pour y aller).
    Il faut bien sûr y ajouter quelques libraires-bouquinistes, mais c'est une autre histoire.

  • 3
    Ferron on 6 décembre 2010 Répondre

    C’est commandé !

  • 4
    modernart on 10 décembre 2010 Répondre

    L’oeuvre d’art, c’est une idée qu’on exagère
    André Gide

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