Sur la lande, à l’heure où blanchit l’eau du cours, une ombre souple et parfumée…

… Viens plus près, ma douce… Tu sais qu’il est des contes que l’on chuchote, et des mots que je veux dire sans me noyer dans tes yeux… Viens plus près, ma douce, si près, qu’en susurrant je pourrai t’imaginer toute entière… Ma bouche dans tes cheveux, mon âme dans ton odeur sucrée…

C’est comme ça, mon pote : quand tu ouvres Notes entendues à l’ombre des feuilles, Godeau t’enveloppe de ses grands bras, et il te raconte tes peurs pour te dire combien tes joies sont grandes.
Godeau, il donne dans le cauchemar pour te faire rêver ; il te met au dessus du vide pour te convaincre que tu es plein.
Tu sais, dire de Michel Godeau qu’il est photographe, c’est trop court. Et puis faudrait parler technique, alors ; ou au moins « tambouille », recettes, tu vois ? De toute façon, si tu t’engages sur ce chemin, Godeau te coupe l’herbe sous le pied illico : un petit texte de ci, de là, histoire de te faire respirer les neurones entre les photographies. Et tu t’aperçois bien vite qu’il y a des choses dans la vie (dans la mort, aussi) qui sont vachement plus importantes que ta foutue technique.

J. Leplant: Portrait de Michel, juillet 2013

Godeau, il est poète. Bon, je sais, le mot fait un peu rigoler, en ce moment ; ça sent le décalé. Mais Godeau, il n’est pas poète dans le genre « macramé », si tu vois ce que je veux dire. Non ? Tu ne vois pas ? Alors, je t’explique. Poète, c’est une posture : c’est décider de l’essentiel (de l’essence et des sens, hein ?),  et élaborer un langage pour le suggérer. Autrement dit, versifier sur le temps qu’il fait ne fait pas le poète, et faire une jolie photo de maman au bord de la mer non plus. Comprends donc : maman et la météo, c’est important, mais pas autant que la solitude dans l’odeur de terre mouillée après l’averse, pas autant que les yeux gris qui te parlent de la douceur de la peau… Tu piges ?
Donc Notes entendues à l’ombre des feuilles, c’est un bouquin de poésie, avec des mots et des photos. Ça vibre, là-dedans, comme la viole de gambe dans une cathédrale, comme un air de Mozart interprété au cor de basset au sommet d’une tour en ruine. Tu pleures et quand ça s’arrête, la joie t’emplit le cœur.
Et si tu comprends pas, mon pote, c’est que t’es pas amoureux…

Michel Godeau: Notes entendues à l’ombre des feuilles, La Pierre d’Angle Éditeur, St-Juire, 2012.

Pour se procurer l’objet: librairie Vivre d’Art à Meymac (19250), La Photogalerie (2, rue Jules Guesdes à Limoges), ou en laissant un message à combade@wanadoo.fr.

… Et un site à visiter: www.michel-godeau-photographies.com


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *